Un diable dans la glotte ?

« Derrière un ballon de riesling moitié-vide moitié-plein, naviguons d'une digression à l'autre, devisons de l'actualité judiciaire, politique, culturelle ou tout simplement et largement sociale... en tentant d'échapper aux sentiers balisés de la bien-pensance, sans s'interdire de remarquer qu'on peut aussi aisément être le bien-pensant d'un autre. »

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Des anti-démocrates de Gauche

mardi XXIII mai MMVI

Contrairement à ce que l'on pourrait imaginer, il n'y a pas qu'à Droite que l'on trouve des ennemis de la démocratie, des individus qui goûtent au cratos sans proposer une définition claire du demos.

Il y'en a aussi à Gauche.

L'exemple banal et évident, c'est bien entendu celui célèbre de Noël Mamère, l'élu qui pense que son mandat électif de Maire lui donne le pouvoir d'interpréter de manière extensive les lois ; en d'autres termes, l'élu qui croit qu'il dispose à lui tout seul du pouvoir législatif.

Michel Beaumale, Maire de Stains, en est un autre. Ce dernier est l'organisateur d'un réferendum sur la question du vote des étrangers (lien).

Lorsque Beaumale déclare qu'il a persisté à organiser un référendum illégal « malgré les tentatives du Gouvernement d'empêcher la tenue de ce référendum, les actions en justice engagées par le Préfet », derrière la façade d'attaque politique à l'endroit de la Droite, ce sont les fondements de notre démocratie qu'il remet en cause : il ne reconnaît pas l'autorité du Gouvernement légitime ni de la Justice française.

Pourquoi ce référendum est-il illégal - après tout, la question qui pose n'est pas dépourvue de sens ? Tout simplement du fait de, comme nous le déclare Beaumale, « la participation de nos concitoyens étrangers à ce référendum ».

Lorsque Beaumale écrit « nos concitoyens » pour parler d'individus n'ayant pas la citoyenneté française, là aussi il s'impose en ennemi de la démocratie puisqu'il affirme ne pas reconnaître la définition légale de citoyenneté française qui sert de base à la définition du peuple français. Lorsque la Constitution de la France stipule que « La souveraineté nationale appartient au peuple qui l'exerce par ses représentants et par la voie du référendum », Beaumale la trahit en employant le référendum pour donner un pouvoir à des individus qui ne sont membres du corps civique, du peuple. La Constitution est même plus explicite : « sont électeurs, dans les conditions déterminées par la loi, tous les nationaux français majeurs des deux sexes, jouissant de leurs droits civils et politiques ».

Ce n'est donc pas un problème d'opposition partisane qui est au coeur de l'affaire, contrairement à ce que suggère Beaumale. Non, c'est un problème d'opposition aux fondements même de notre démocratie, fondements recensés dans notre Constitution.

Lorsque Beaumale fait participer des individus n'étant pas citoyens à un référendum portant sur la nature même de notre démocratie, sur ce qui différencie le citoyen des autres individus, il nie aux citoyens le pouvoir de gérer la cité en tant que peuple souverain, il nie aux citoyens le pouvoir de choisir en toute liberté et autonomie les règles de la cité.

Pour Beaumale, l'idée de citoyenneté française est « une discrimination insupportable ». La seule conclusion possible est que le communiste Beaumale ne s'est manifestement pas rallié à la démocratie.

Post-scriptum : Je précise que je suis favorable au fait d'accorder facilement la citoyenneté aux étrangers résidents en France depuis plusieurs années, s'ils en font la demande, pour peu qu'ils sachent parler Français et déclarent être en accord avec la Constitution nationale. Je ne suis pas opposé à l'idée que des individus d'origine étrangère participent à la vie de la France, au contraire. Je pense simplement que cela ne peut se faire en démocratie que si cela passe par une valorisation de la citoyenneté, en demandant à ceux qui veulent participer à la vie de la cité, à la vie politique (polis : cité), de s'engager en devenant citoyens. En bref, au lieu de déconstruire la cité à la manière d'un Beaumale, en sapant tous ses fondements, je propose de continuer à la bâtir en ouvrant les portes de la cité à ceux qui veulent y contribuer.

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« 26 mai, Délinquance, criminalité et population étrangère : l'éternel non-débat   

   22 mai, Petite annonce : accusateur de service recherche preuves et témoins pour justifier sa démarche »

1. Mamère au pays des Soviets

<lien>

« PARIS (AP) - Une semaine après le refus des Verts de l'investir pour les législatives, le député-maire de Bègles (Gironde) Noël Mamère a comparé dimanche son parti à un "soviet".

"C'est quand même incroyable, extravagant, de constater que jamais nos idées n'ont été autant diffusées dans la société et que jamais nous nous sommes sentis aussi faibles et jamais nous nous sommes autant regardé le nombril au point que notre parti deviendrait en quelque sorte une sorte de soviet qui dirait qui est bon et qui est méchant", a déploré Noël Mamère dimanche sur France-Inter.

Député de Gironde depuis 1997, réélu en 2002, Noël Mamère est aussi maire de Bègles depuis 1989. C'est en raison de ce cumul, contraire aux règles de son mouvement, qu'il n'a pas été investi dimanche dernier pour les élections législatives de juin 2007.

"Les esprits se sont sans doute un petit peu échauffés, on a fait une sorte de guerre d'éthique", a commenté Noël Mamère en notant que cet épisode intervenait peu de temps avant un congrès des Verts.



"Nous sommes trois malheureux députés Verts à l'Assemblée alors que nous représentons à peu près aujourd'hui 10% de l'électorat", a-t-il compté. "Donc je pense que ce serait suicidaire que de vouloir interdire à l'un des trois députés Verts que je suis de vouloir se représenter".

Noël Mamère a assuré être "un fervent défenseur de la limitation du cumul des mandats". "Mais pour l'instant, nous ne sommes pas suffisamment installés dans le paysage politique pour nous permettre d'appliquer toutes les règles de notre code", a considéré le député-maire. »



On appréciera l'idée que les principes sont bons, qu'on est leur « fervent défenseur », mais qu'on estime dans la foulée que le contexte nous impose de les ignorer. Assurement, il y a bien quelque chose de soviétique dans la situation...

Posté le 5.11.2006 à 13h25 par Marcel Patoulatchi
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